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Une autre journée de terminée.

– Pis, ta journée?

– Bof, correcte.

On se prépare à souper. Ça fait déjà quelques mois que je répète cette réponse plate, jour après jour, quand mon chum me demande comment a été ma journée au travail. Correcte. Depuis un bout, je me sens vide, je me sens comme un robot. Pas le temps de réfléchir, de m’arrêter, de ressentir les émotions. On dirait que je n’apprécie plus rien. Je me laisse surfer par la vague du 8 à 5 au travail, les aller-retours à la garderie pour aller reconduire et chercher notre fils, le ménage du samedi matin et l’épicerie le dimanche avant d’entâmer à nouveau cette routine hebdomadaire.

J’accompli un travail en ressources humaines, domaine dans lequel j’ai fait mes études universitaires. Je ne retire présentement aucune satisfaction de ce travail, je ne ressens aucune fierté. J’ai l’impression de toujours régler des problèmes, que tout ce qui m’entoure est négatif; personne ne vient me voir dans mon bureau parce ça vient bien. Ils viennent me voir quand ça va mal. Je vais de reculons au bureau tous les matins, un noeud dans la gorge. Mais qu’est-ce qui se passe avec moi? Je peine à passer à travers mes journées. Je me suis rendue compte que je soupire souvent, que je me sens découragée, incapable d’accomplir les tâches que j’ai à faire. Même mon chum m’a dit qu’il trouve que je suis rendue négative. Toujours en train de critiquer ou de chialer. Je suis à fleur de peau. On dirait que rien ne va plus. Je m’épuise facilement.

Je me demande si c’est parce que je suis à bout que je n’arrive pas à être satisfaite dans mon travail, ou bien si c’est parce que je n’aime pas mon travail que je suis devenue d’humeur dépressive?

Comment est-ce que j’ai fais pour me rendre jusque là? Où est la fille que j’étais avant? La tête pleine de projets et de désirs et ambitieuse?

“Bé tu ris pu comme avant.”

Ça, c’est la phrase que mon chum m’a dit et qui m’a réveillée comme si tu m’avais versée un seau d’eau froide sur la tête. “Fuck, ça doit être vrai.” Je me suis dit à moi-même que ça devait pas être juste un feeling, qu’il devait vraiment y avoir quelque chose qui n’allait pas. C’est à partir de ce moment-là que j’ai pris action dans ma vie, plutôt que de la regarder passer devant moi.

C’est à ce moment que j’ai décidé d’aller consulter, d’aller chercher de l’aide. J’ai pris toute l’énergie que j’avais, toute la volonté que je n’avais pas et je me suis mise à faire des changements, à penser différemment. De cette façon, j’ai réussi à aller mieux, à remonter la pente.

Je reconnais maintenant mes signes de fatigue, les signes qui me démontrent que je pousse peut-être trop ma limite. Je les écoute maintenant. Je fais les choses pour moi, je fais ce que j’aime, j’écoute mes sentiments et mon corps.

Je suis moi.